Samedi 25 juillet 2009
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Pascal, le passage. Les hébreux fêtaient cela pour commémorer le passage vers la terre promise, je pense. Je ne suis pas très sûr de ça mais je pense que
c'est un truc comme ça. Voilà donc que je tenais l'origine de mon nom. Je passe de Claude à Pascal, c'est aussi un passage, une sorte de changement. Je change, je m'en vais de mon
pays natal et je vais vers un monde nouveau. Je quitte l'Afrique pour l'Europe. Le changement est constant dans ma vie, je suis un éternel passager. Cela remonte depuis ma tendre
enfance, à l'époque où je vivais encore à la maison, je ne me rappelle plus de tout cela car cette période n'a duré que quatre mois. Les quatre premiers mois de ma vie. Bien sûr
que je ne me rappelle plus de tout ça, j'imagine que le jour où je suis né, c'était la joie. Mon père devait être le plus heureux des hommes, il a certainement dit qu'il tenait le plus beau
des trésors dans ses bras, il aurait certainement regardé ma mère avec admiration et tendresse. Je suis quasiment sûr qu'il ne quittait pas mon berceau, qu'il guettait le moindre des mes
mouvements, qu'il s'assurait que je respirais encore. Je devais être le plus heureux des enfants. A la maison, il y avait déjà du monde; une grande soeur et un grand
frère. Certainement qu'eux aussi devaient célébrer ce nouveauvenu que j'étais. Aah, que du bonheur dans notre foyer, le malheur ne devais jamais nous approcher! C'est pour les
autres ça, nous on était trop heureux. On célébrait la vie. On ne le voyait pas, là, tapis à la lisière de la forêt. On n'aurait jamais soupçonné de son existence à
celui-là. Pourtant, il guettait, sans relâche, ne dormant presque pas, étudiant toutes nos habitudes, toutes nos manières. Il était futé, patient. Nous on passait à ses côtés sans
jamais soupçonnerde son existence. Lui, il attendait l'occasion, le moment propice. Il connaissait les hommes et savait que ceux-ci ne se doutait jamais de son existence. Des
fois, il se montrait un peu, juste pour que ceux qui le voyait s'accoutume à sa présence et aussitôt, il repartait d'où il était venu, et les hommes l'oubliaient vite. D'autres fois, il se
faisait plus audacieux, restait là au milieu des hommes, s'en imprégnait un peu plus chaque jour et puis le jour où plus personne ne se souciait de lui, le jour où les hommes baissaient la
garde, il sautait et montrait son vrai visage: le malheur frappait.
Ma mère est morte! On a baissé la garde, enfin pas moi, je n'avais que quatre mois. On a laissé le malheur venir frapper à la porte comme un ami de longue date, enfin pas moi, je
ne savais pas encore marcher, et on l'a laissé entrer et il a frappé sans hésitation;ma mère est morte, je n'ai jamais su l'appeler "maman.
...à suivre
Par pascal claude
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Publié dans : écriture
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